Le feu digestif, comment le soutenir efficacement ?

La capacité digestive varie selon la constitution de chacun. Certains ont la chance d’avoir un feu digestif puissant, quand d’autres doivent composer avec un feu digestif faible et les désagréments qui vont avec : haleine fétide, régurgitations, lourdeurs d’estomac, ballonnements, flatulences, sans parler du risque de mauvaise absorption de micronutriments de première importance. Heureusement, il existe de nombreuses solutions pour améliorer le feu digestif !
Voyons cela plus en détail. 

En tant que naturopathe spécialiste des compléments alimentaires, je suis régulièrement amené à prodiguer des conseils en matière de supplémentation. Mais comme le souligne fort justement le Dr Jean-Luc Morel, « beaucoup prennent des compléments alimentaires sans savoir s’ils vont ou non les assimiler et s’ils en ont besoin. Parfois, la flore intestinale, une mauvaise digestion ou un pancréas qui fonctionne mal ne permettent plus de produire les sucs digestifs et les enzymes qui assurent une bonne assimilation des compléments alimentaires » (1).

(1) Journal de la médecine anti-âge, n°17, p.12

Le Dr Morel évoque en filigrane la notion de biodisponibilité qu’il faut entendre comme la capacité d’absorption et d’utilisation des nutriments apportés par l’alimentation. Cette capacité dépend de l’état du « feu digestif ». L’Âyurveda (médecine traditionnelle indienne) se montre très prolixe sur le feu digestif, qu’elle appelle Agni.

Le feu digestif selon l’Âyurveda

Agni commande le processus de la digestion et de l’assimilation de la nourriture. Il déclenche les sécrétions salivaires, gastriques, pancréatiques et biliaires, et fait intervenir les enzymes digestives intestinales (cf. tableau ci-dessous).

Quand Agni est puissant, l’organisme récupère les nutriments dont il a besoin et ne s’encrasse pas. À l’inverse, quand Agni est faible, il y a mauvaise absorption des nutriments et accumulation de déchets à cause de la mauvaise dégradation des aliments ingérés. Il en résulte un « encrassement » de l’organisme appelé Ama en médecine ayurvédique.

En conformité avec l’approche naturopathique classique, l’Âyurveda considère que la maladie trouve son origine dans la toxémie, dans l’excès d’Ama. Et qu’est-ce qui fait le lit d’Ama ? La maldigestion. C’est pourquoi s’efforcer de manger bio n’est pas suffisant en soi pour compenser un feu digestif faible. On entend souvent dire que nous sommes ce que nous mangeons. En réalité, nous ne sommes pas nécessairement ce que nous mangeons, mais certainement ce que nous digérons.

Causes de la maldigestion

Elles peuvent être d’origines diverses et s’additionner les unes aux autres. En voici quelques-unes parmi les plus importantes.

La mastication

Si vous souffrez de lourdeurs d’estomac et de ballonnements après les repas, c’est peut-être parce que vous ne prenez pas le temps de bien mastiquer les aliments. Or, la digestion commence dans la bouche. Apprenez donc à poser votre fourchette de temps en temps. Et pour mieux vous concentrer sur ce que vous mangez, bannissez tout écran durant les repas.

Produit conseillé : complexe d’enzymes digestives d’origine végétale incluant notamment amylase, protéase, lipase et cellulase.

L’hypochlorhydrie

Il existe un moyen simple de vérifier si l’on est victime d’hypochlorhydrie : le test au bicarbonate de soude. Un matin, à jeun, versez ¼ de cuillerée à café de bicarbonate de soude dans un grand verre d’eau. Buvez votre verre d’un trait puis mesurez le temps qu’il vous faut pour émettre un bon gros rot. S’il s’écoule 3 mn ou plus avant que l’éructation n’ait lieu, vous souffrez effectivement d’hypochlorhydrie. En cas de doute, n’hésitez pas à renouveler l’opération le lendemain matin.

Produit recommandé en cas d’hypochlorhydrie avérée : le chlorure de bétaïne, plus connu sous le nom de bétaïne HCL (sur prescription médicale).

Les combinaisons alimentaires

Si votre digestion est plutôt lente et difficile, prêtez une attention toute particulière aux combinaisons alimentaires. À titre d’exemple, évitez d’associer protéines fortes (viandes, volailles, poissons) et farineux forts (riz, pâtes). Arrangez-vous pour associer les protéines fortes à des légumes ou à des amidons faibles (pomme de terre, potimarron). Autre conseil important : abstenez-vous de consommer des fruits crus (et des fruits cuits trop sucrés) en fin de repas.

L’insuffisance pancréatique et/ou biliaire

Les épices aident à stimuler les sécrétions digestives. N’hésitez donc pas à utiliser au quotidien des mélanges d’épices prêts à l’emploi. Plus le mélange contient d’épices dont le nom commence par la lettre C (curcuma, cumin, cardamome, cannelle, coriandre), mieux c’est ! À défaut de disposer d’un mélange, mâchez quelques graines de cumin avant de passer à table. Le cumin aide à ouvrir l’appétit, à lutter contre la paresse digestive.

Le stress

Impossible de ne pas mentionner le stress comme cause majeure de maldigestion, sachant qu’il assèche littéralement les sécrétions digestives !

Accordez-vous quelques courtes pauses de respiration ventrale au cours de la journée, en particulier avant les repas.

Assis ou allongé, les yeux fermés, respirez profondément, lentement, calmement, plusieurs fois de suite par le nez. Laissez l’air emplir vos poumons en insistant légèrement sur le ventre qui doit librement se gonfler à chaque inspiration, puis se creuser à chaque expiration. Ce n’est pas plus compliqué que cela !Enregistrer

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