Triple buse !

Poulpe ou pieuvre commune illustrée, mettant en évidence ses tentacules et sa tête, pour sensibiliser à cette espèce marine souvent confondue.

À rencontrer des blaireaux et des bécasses à tour de bras, force m’est de constater que nous, les humains, on a vraiment la grosse tête.

Et pour enfoncer les autres animaux de notre jungle, on continue à nous comparer à eux en minimisant leur génie à travers mille expressions désuètes. Florilège misogyne au hasard : « Mate-moi cette petite dinde, elle a une cervelle de moineau et te regarde toujours avec cet air de gobe-mouche. »

À nous écouter, nous les êtres humains, serions toujours les plus intelligents. Je pensais qu’en 2026, cette chanson-là appartenait au passé. Depuis trente ans, toutes nos croyances sur les « bêtes » tombent les unes après les autres. L’intelligence animale est aujourd’hui reconnue. D’autres que l’être humain semblent doués pour communiquer, se repérer dans l’espace, mémoriser, anticiper les futurs possibles, travailler en collaboration, lire l’environnement, en extraire des médecines fiables, bâtir avec frugalité, faire preuve d’empathie, célébrer le deuil et prendre soin de l’autre, inventer des stratégies inédites, s’adapter, cultiver, et transmettre leurs connaissances. On avance sans honte les concepts d’intelligences et de cultures animales. La recherche a également avancé sur notre propre intelligence, qui se révèle désormais multiple et même émotionnelle. Nous aurions même un deuxième « cerveau », notre intestin.

J’ai envie de vous emmener, tout au long de l’année 2026, au contact d’autres formes d’intelligences animales. Une petite leçon d’humilité chez nos cousins malins. Question délicate, par qui commencer ? La corneille, la fourmi, le chimpanzé… Quitte à démarrer avec une vedette, autant appeler sur scène en introduction le plus branché du moment : le poulpe. Il a le vent en poupe, il est sous les feux de la rampe, les médias l’adorent, les experts se bousculent dans les couloirs de la radio pour en parler. D’un plat cuisiné, l’animal devient, aux yeux des spécialistes en neurosciences et du grand public, une créature sophistiquée, sensible et douée d’une combinaison d’intelligences inattendues.

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