Soigner les murs pour prendre soin des humains

architectiure medicale

Comment l’architecture médicale oeuvre pour rendre les lieux de soin moins anxiogènes

Finis les murs gris et les salles d’attente austères ! Aujourd’hui, l’architecture extérieure et intérieure des lieux de soin (cabinets médicaux, hôpitaux, Ehpad…) est de plus en plus pensée pour que ces endroits soient moins anxiogènes pour les patients. Nous sommes allés à la rencontre de ceux qui travaillent sur le sujet pour comprendre pourquoi l’aménagement de ces espaces est important et comment le bien-être du patient est désormais pris en compte.

De grands bâtiments aux murs blancs et gris, des néons aveuglants, un brouhaha constant, des sonneries, des pas pressés qui résonnent sur le lino et une odeur qui prend les narines… Que ce soit à l’hôpital, dans un cabinet médical ou dans un Ehpad, on a souvent en tête ces images repoussantes. « Quand un lieu nous paraît anxiogène, c’est souvent parce qu’on n’en connaît pas bien les usages, le fonctionnement. On n’y a pas de repère », explique Kevin Charras, docteur en psychologie environnementale. Cet inconfort qu’on ressent n’a rien d’anodin : il traduit l’impact néfaste de ce que les scientifiques appellent les « stresseurs environnementaux ». Le bruit des machines et leurs vibrations, le mouvement perpétuel, les lumières fortes ou les odeurs chimiques… Comme le souligne Aura Hernandez, psychologue sociale et environnementale, « ces stimulations constantes saturent nos sens et notre proprioception ». Dans un contexte où l’on vient pour se faire soigner – et où on se sent donc déjà vulnérable –, cela nous plonge dans un état d’hypervigilance et de stress qui va à l’encontre de notre bien-être.

Au-delà des détails esthétiques

Aujourd’hui, alors que le patient est davantage placé au centre du soin, les lignes bougent pour rendre ces lieux moins anxiogènes. Il y a une véritable prise de conscience que l’architecture des hôpitaux, cabinets ou Ehpad et leur agencement ne sont plus des « détails » esthétiques, mais bien des composantes du soin à part entière. Architectes d’intérieur, médecins, directeurs d’établissements et psychologues collaborent donc pour concevoir des espaces où l’on se sent bien. C’est notamment le cœur du métier de Soizic Besseau, architecte d’intérieur médicale. Pour elle, le bien-être du patient se joue dès ses premiers pas dans l’établissement. « L’ambiance générale dépend de l’éclairage, des couleurs, des matières… Selon les spécialités, on peut donc imaginer des ambiances différentes, avec des espaces plus cocons ou aérés et fluides », explique-t-elle. Dans un cabinet dentaire, par exemple, l’enjeu est de permettre au patient de se repérer très vite pour lui éviter du stress inutile, tout en optant pour une lumière chaude et tamisée en salle d’attente afin de diminuer son angoisse.

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« Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiversité et la Covid-19 relève du surréalisme, pas de la science », déclarait Luc Ferry dans L’Express du 30 mars 2020, contredisant ce qu’affirme pourtant la soixantaine de scientifiques du monde entier que Marie-Monique Robin a pu interroger pendant le premier confinement. Son livre La Fabrique des pandémies réunit ces entretiens dans une enquête passionnante qui explique comment la déforestation, l’extension des monocultures, l’élevage industriel et la globalisation favorisent l’émergence et la propagation de nouvelles maladies. Non seulement la pandémie de Sars-CoV-2 était prévisible, mais elle en annonce d’autres.