La capillothérapie : détox et santé grâce aux bains chauds

Un bon bain chaud n’est pas seulement un moment de détente. C’est une technique de soin efficace et naturelle, qui décrasse le corps en profondeur, stimule ses défenses et élimine les microbes.
Tous les bienfaits de la capillothérapie avec Christopher Vasey, naturopathe.
Les capillaires sont des vaisseaux sanguins aussi fins que des cheveux. Aussi vitaux que nos artères et veines (les « gros » vaisseaux), ils sont pourtant méconnus. Ils s’insèrent partout, dans la peau, jusqu’aux yeux, oreilles, cerveau, pour ravitailler en vitamines, minéraux et nutriments chaque cellule de notre corps. « Sans les capillaires, la vie serait impossible, explique Christopher Vasey : ce sont des passages clé, comme une gorge étroite. Ils s’approchent au plus près des cellules, fournissant leur nourriture et repartant avec les déchets qu’elles produisent en travaillant. Or, des capillaires encrassés par des toxiques (mauvaise alimentation, tabac, alcool et polluants divers) ou encore spasmés (« fermés ») par le stress ou, temporairement, par le froid, ne peuvent jouer correctement leur rôle. Non seulement ils n’apportent plus la nourriture nécessaire, mais en plus ils ne repartent plus avec les déchets. La communication et les échanges avec les cellules se font mal. » Celles-ci travaillent moins bien, les organes en pâtissent et le scénario se répète partout dans le corps. Toute la santé est menacée. Une situation fréquente, qui se traduit par un état de perpétuelle fatigue, des infections et problèmes de santé à répétition, une impression de nausée et de lourdeur permanente.
| Type de bain thérapeutique | Température |
| Le bain très froid/ froid (Kneipp/Khune) | 0 à 15 °C |
| Le bain frais | 15,5 à 22 °C |
| Le bain tiède | 27 à 37 °C |
| Le bain neutre | 33 à 35 °C |
| Le bain chaud | Autour de 37 °C |
| Le bain hyperthermique (Salmanoff) | Entre 39,5 °C et 43 °C (voire 45 °C) |
Les bains de Salmanoff
Début 1920, le Dr Salmanoff, médecin particulier de Lénine, mais en désaccord avec sa politique, était chargé d’évaluer et d’organiser les stations thermales en Russie. Il vint ensuite s’installer en France en 1922. Là, « il mit au point une méthode naturelle complète, fondée en partie sur l’importance capitale des capillaires sanguins. Il y expliquait que si le froid ralentit tout, la chaleur, au contraire, accélère les mécanismes de fonctionnement du corps, y compris la circulation ». Cette accélération permettait, selon lui, d’acheminer plus vite la nourriture aux cellules et de la désencrasser aussi plus rapidement. « De fait, rappelle Christopher Vasey, si le sang met environ une minute pour faire le « tour du corps », soumis à la chaleur, il se déplace bien plus vite encore ». Ainsi est née la capillothérapie, ou « médecine par les capillaires », dont la mise en oeuvre la plus simple est le bain hyperthermique. Chacun a pu expérimenter ses bienfaits : un bain chaud élimine les douleurs et la fatigue musculaires, par exemple. Mais il ne fait pas que cela ! Sous l’effet de la chaleur, les capillaires sanguins se dilatent et se « déspasment », la circulation sanguine se rétablit, ce qui facilite et accélère le décrassage, et rétablit la communication entre le sang et la cellule (et son milieu extra cellulaire).
Ce qu’on peut en espérer
« La capillothérapie débouche les capillaires et nettoie le terrain, résume notre expert. Or, pour le naturopathe, toutes les maladies viennent d’un terrain encrassé. La capillothérapie est donc une méthode globale de santé et de prévention, efficace contre la grippe, le rhume et tout type de refroidissement. Elle obtient aussi de remarquables résultats dans tous les types de douleurs articulaires, musculaires (sciatique, rhumatismes, mal de dos d’être trop longtemps assis devant son ordinateur ou dans sa voiture…), car elle « décontracture » les muscles et élimine les cristaux, responsables de douleurs. On remarque vite qu’il se « passe quelque chose ». Pendant un bain hyperthermique, on transpire abondamment ; ensuite, on se sèche et… on retranspire ; le lendemain, on se réveille avec plein de « sable » dans les yeux, signe d’un décrassage profond ». Mais gare à ceux qui sont tentés d’abuser de la chaleur ou de la durée du bain : ils risquent d’être nauséeux jusqu’à 3 jours, car leur séance a libéré trop de toxines. « Tout le corps accumule du chaud : c’est une fièvre artificielle, la température interne monte. Ce n’est pas anodin ! ». Au fil des bains, la peau se nettoie en profondeur, « on obtient des résultats en cas de maladie cutanée chronique (acné, eczéma), à condition de ne pas faire un bain pendant une phase aigüe ». La différence avec un sauna ? Ce dernier distillant une chaleur sèche, le corps y supporte une température de 80 °C, voire plus. Alors que dans le « solide » (l’eau), plus conducteur, le corps ne supporte que 40 °C environ.
Bain hyperthermique, mode d’emploi
Vous voulez profiter de la capillothérapie ? Rien de plus facile, il vous suffit d’avoir une baignoire. « Faites couler un peu d’eau à température agréable pour vous (ce peut être 37 °C, ou un peu moins/plus. Allongez-vous dans la baignoire. Faites ensuite couler l’eau (très) chaude, jusqu’à vous recouvrir entièrement. La sensation doit rester agréable pour que vous puissiez rester immergé pendant 15 à 30 minutes sans « souffrir », mais l’eau doit être vraiment chaude. Ce peut être 39 °C pour certains, 38 ou 40 °C pour d’autres. À la fin, levez-vous très lentement pour éviter tout malaise. Ne vous rincez pas, emmaillotez-vous dans un peignoir chaud et allongez vous pour ½ h à ¾ h de repos. Ainsi, l’effet « chaleur » et sudation continue, mais en moins violent, car vous êtes sorti de l’eau. » Pour renforcer l’efficacité de l’hyperthermie, Salmanoff avait inventé les bains Scapidar : deux flacons à base d’huiles essentielles, notamment de térébenthine, pour stimuler la circulation artérielle et veineuse. La térébenthine, issue de la résine du pin des Landes, est délicate à utiliser. Antiseptique, oxygénante et stimulante, échauffante musculaire, sudorifique, elle « brûle » (un peu comme le piment), ce qui est, entre autres, l’effet recherché, mais peut irriter la peau. Il faut la doser avec tact, à maximum 20 % dans de l’huile végétale ou une base pour bain. « Je pense qu’avec la seule chaleur, le bain hyperthermique est suffisant, tempère Christopher Vasey. Ajouter des huiles essentielles peut être intéressant, mais plutôt que de la térébenthine visant à stimuler la circulation, choisissez plutôt une huile adaptée à un problème du moment, par exemple le ravinstara en cas de rhume, ou la lavande pour vous détendre. Faites une cure de bains hyperthermiques à raison d’un tous les 2 ou 3 jours, pendant 4 semaines. Puis, en entretien, un bain par semaine. Avant de vous y plonger, je recommande de boire une tisane de tilleul ou de fleur de sureau, pour aider à transpirer ». Pas de baignoire ? Impossible d’obtenir la même chose avec la douche, au contact moins étroit avec le corps et… moins écologique si on s’asperge ½ h non stop.
À qui s’adressent les bains hyperthermiques ?
A priori, à tout le monde (sauf contre-indications). « Mais les bains chauds sont surtout intéressants pour les personnes dites « rétractées » : minces, longilignes, au teint pâle, un peu « recroquevillées » et introverties, comme l’était Salmanoff. Alors que les personnes « dilatées », rondes, rouges, extraverties, en ont moins besoin ; chez elles, les bains chauds ont, au contraire, tendance à ralentir la circulation ou à être inconfortables, alors que les bains froids (Kneipp, Khune) leur conviennent mieux. L’abbé Kneipp, promoteur des bains froids thérapeutiques, était d’ailleurs un personnage rond ! »
Pour être sûr de bien supporter un bain hyperthermique, commencez par des « petites températures », puis élevez progressivement. On ne fait pas un record du monde de température, on cherche au contraire à s’adapter à chacun : votre conjoint, votre enfant ne supportera pas la même chaleur que vous. À chacun son bain hyperthermique !
Les contre-indications
Les bains hyperthermiques sont contre-indiqués chez les cardiaques, ceux qui ont des varices et ceux qui n’ont aucune vitalité (qui ne supportent aucun effort), ainsi que chez les femmes enceintes. « Les personnes trop intoxiquées doivent d’abord suivre un programme de drainage (foie), notamment à base de tisanes, avant de faire la cure de bains Salmanoff », conclut Christopher Vasey. N’hésitez pas à plonger : une vraie séance de balnéothérapie (« se soigner avec le bain ») à la maison, bon marché, confortable, agréable et, avec quelques précautions pour certains, accessible à toute la famille !
100 000 KM DE CAPILLAIRES DANS LE CORPS
Notre réseau de capillaires sanguins est incroyablement étendu : véritable réseau de « chemin de fer », il couvre 100 000 km, et si on l’étalait, il mesurerait 6 300 km2 ! Tout ceci pour faire circuler nos 5 litres de sang et irriguer nos 200 hectares de tissus.
LES FORMULES DES BAINS SCAPIDAR
On trouve encore dans certaines pharmacies, sur commande, les bains Scapidar du Dr Salmanoff, soit en produit « tout prêt », soit en préparation, qu’il suffit de demander au pharmacien. Ils se présentent sous la forme de 2 flacons renfermant des formules à base d’huiles essentielles, l’un blanc, l’autre jaune. Leur but est de renforcer la « gymnastique » capillaire bénéfique. Le bain jaune renferme des huiles essentielles de romarin, de pin et de térébenthine (et des excipients pour bain), le bain blanc des huiles essentielles de lavande, de romarin, de cyprès, de marjolaine et de térébenthine.
POUR EN SAVOIR PLUS
Christopher Vasey est l’auteur de divers livres de référence en naturopathie, dont Le Manuel de détoxication (avec toute une partie sur les bains hyperthermiques) et La fièvre, une amie à respecter (et les différents moyens de provoquer une fièvre artificielle, notamment grâce aux bains), aux éditions Jouvence.
Son site internet : www.christophervasey.ch
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