Les potentiels évoqués pour un diagnostic neurologique précis
Les potentiels évoqués permettent d’analyser le fonctionnement des voies sensorielles.
Si l’IRM ou le scanner permettent de diagnostiquer l’existence de tumeurs, hématomes, lésions traumatiques et autres anomalies anatomiques, ces deux examens d’imagerie ne renseignent pas sur le fonctionnement du cerveau, notamment sur les voies sensorielles visuelles, auditives, motrices ou sensitives. C’est tout l’intérêt des « potentiels évoqués ». Cet examen permet également d’étudier la réceptivité du cerveau d’un patient comateux qui semble ne pas réagir aux différentes stimulations.
Potentiel, quèsaco ?
Le terme de potentiel fait référence au « potentiel d’action ». Très schématiquement, il s’agit du signal électrique qui parcourt les neurones lors d’une stimulation. Ce signal aboutit à la libération de neurotransmetteurs à l’extrémité des neurones, au niveau des fameuses synapses. C’est ce potentiel que l’on étudie lors des « potentiels évoqués ». Quant à « évoqués », cette appellation fait référence à la stimulation effectuée par le praticien.
Le principe
L’examen se pratique chez le neurologue et son principe est simple : on place des électrodes adhésives sur la tête du patient, calme et détendu, sur les zones explorant la voie sensitive concernée. Les électrodes sont reliées à une machine qui enregistre les conséquences sur le cerveau de la stimulation opérée, qu’elle soit auditive, visuelle, somesthésique ou motrice. Indolore, l’examen dure entre entre 30 minutes et deux heures selon la voie sensorielle concernée ou le nombre de trajets nerveux explorés.
Quelles voies sensorielles ?
Schématiquement, il existe plusieurs modalités d’examens explorant chacun des voies sensorielles. Parmi les plus fréquemment utilisés, on retrouve :
- Les potentiels évoqués auditifs, qui permettent d’explorer la voie auditive, notamment l’oreille interne, le nerf auditif, le tronc cérébral et le cortex auditif, zone du cerveau dédiée à l’audition. On place une sorte de casque Hi-Fi sur la tête du patient, recouverte au préalable par des électrodes. Via le casque, on le soumet à des sons et on enregistre leur traduction neurologique. Cet examen permet d’étudier la surdité ou encore les troubles de l’équilibre.
- Les potentiels évoqués visuels, qui permettent d’analyser les voies visuelles, notamment le nerf optique. Le patient, sur la tête duquel on a posé des électrodes au niveau occipital (arrière du crâne), regarde des images représentées par des damiers de carreaux noirs et blancs qui s’inversent toutes les secondes. Cet examen est utilisé dans certaines pathologies, comme certains troubles de la vue non expliqués ou la sclérose en plaques.
- Les potentiels évoqués somesthésiques, autrement dit la réaction du cerveau à une stimulation cutanée, en général au niveau d’une main, d’un poignet, d’une cuisse ou d’une jambe, selon les cas. Cet examen renseigne sur les voies sensitives et l’altération éventuelle d’un nerf cutané, de la moelle épinière ou du cerveau au niveau de la zone cérébrale dédiée à cette fonction (lobe pariétal).
- Les potentiels évoqués moteurs, qui explorent la voie motrice, notamment l’intégrité de la moelle épinière. Ils analysent la réponse motrice du corps à une stimulation du cerveau cette fois-ci. On utilise une sonde délivrant un champ magnétique que l’on pose sur la tête du patient au niveau du cortex moteur frontal. On enregistre ensuite la réponse musculaire, et donc motrice, grâce à des électrodes posées sur la main ou la jambe. On peut explorer également le temps de transmission de l’influx.
