Le purin d’ortie recalé au sénat :

la nature décidément trop dangereuse ! (pour qui ?)

C’est à s’arracher les cheveux (avant qu’ils ne tom­bent) : « Certaines plantes ont été refusées par les instances européennes en raison de leur toxicité. La courge, si elle est trop consommée, fait tomber les cheveux. Les feuilles de rhubarbe sont si toxiques qu’elles tuent la vie du compost. »
Voilà ce qu’a affirmé notre ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, pour faire trembler les sénateurs devant le purin d’ortie !

Et on peut saluer son efficacité puisque les sénateurs ont voté comme il le souhaitait : ils ont recalé l’autorisation des purins de plantes et préparations naturelles comme alternative aux intrants chimiques.
Pas étonnant qu’on ne veuille pas non plus inscrire dans la loi l’interdiction de l’usage du glyphosate d’ici 3 ans…

Décidément, tout est donc possible.

Lors de l’examen de la loi agriculture et alimentation au sénat, le sénateur Joël Labbé, qui se bat avec courage pour défendre des valeurs écologiques et solidaires depuis des années, a fait remarquer l’absurdité de la situation.
Lors de la séance du 2 juillet, il a brandi une facture du jardin du Luxembourg, à Paris, sur laquelle figurait clairement que les jardiniers du sénat eux-mêmes utilisent des préparations à base d’ail et de purin de plantes.

Car, évidemment, il y a bien moins à craindre des intrants naturels que des poisons chimiques qui sont déversés par tonnes dans les champs. Mais voilà : les herbicides et autres polluants de synthèse représentent un marché très conséquent.

Magazine

À lire aussi

Oui, les herbicides sans glyphosate sont aussi des poisons !

Les débats sur l’interdiction du glyphosate seraient-ils un leurre ? La molécule n’est sans doute pas la plus toxique parmi les produits qui composent le Roundup de Monsanto, mais c’est le seul déclaré. C’était déjà une des conclusions des recherches du Pr Gilles-Éric Séralini et de son équipe en 2005. À la suite d’une de ses nouvelles études sur les produits cachés dans les herbicides nouvelle génération commercialisés sans glyphosate, neuf associations de défense de l’environnement ont porté plainte le 1er décembre dernier auprès des autorités sanitaires.