Le gattilier, pour les femmes, seulement les femmes…
Messieurs, voici une plante qu’il vous faudra laisser à vos compagnes : le gattilier était la plante utilisée par les moines pour calmer leurs ardeurs naturelles… Mesdames, allez-y ! Prenez du gattilier : pour vous, c’est l’un des meilleurs stimulants hormonaux.
Pourquoi cette plante a-t-elle à la fois un effet dévastateur sur la sexualité masculine et une action positive sur les femmes ? Tout simplement parce que le gattilier bloque l’ action des hormones mâles (androgènes). Chez l’ homme, c’ est plutôt dommage. Chez la femme, c’est plutôt souhaitable ! Autre effet du gattilier sur le système hormonal, il agit sur la glande pituitaire, située dans l’hypophyse, glande qui régularise le cycle menstruel. Il agit sur la production de prolactine, l’ hormone de la lactation, responsable aussi du gonflement des seins. De ce fait, le gattilier est considéré en Allemagne et aux États-Unis comme l’ une des plantes majeures du rééquilibrage hormonal féminin.
Un joli buisson de fleurs bleues
Poussant à proximité du laurier rose ou du tamaris, le gattilier affectionne les bords des torrents, les zones un peu plus humides des régions chaudes. Les fleurs sont des épis de corolles bleues dressées sur des tiges d’ où partent des feuilles découpées en folioles lancéolées. La floraison a lieu en juin et juillet. Ensuite, à l’automne, viennent les baies, petites bou les jaunes et roses, sortes de pommes miniatures, qui se massent en grappes verticales à l’ extrémité des tiges. Ces baies contiennent des graines piquantes comme le poivre. Récoltées et séchées, elles sont ensuite réduites en poudre ou utilisées dans la confection de la teinture mère.
Une action encore mystérieuse
Utilisé pendant longtemps pour ses propriétés sédatives et calmantes (en ce domaine, le gattilier agit sur les hommes et les femmes), la plante a aussi des vertus soporifiques. En ce qui concerne les problèmes féminins, les propriétés du gattilier sont connues depuis la plus haute Antiquité puisque Dioscoride le conseillait pour les douleurs utérines et la lactation difficile. Bien entendu, dès le XIXème siècle, les chimistes ont tenté d’isoler les principes actifs. Au fil des années et de leurs recherches, ils ont découvert une substance amère (la castine), des flavonoïdes, de la viticine (que l’ on trouve aussi dans l’ aubépine), de l’ acide palmitique, du pinène, une huile essentielle (cinéol), des iridoïdes… Mais tout cela n’ explique pas l’action très particulière du gattilier : les constituants responsables de son action sur le système hormonal n’ont pas encore pu être isolés. Il est pratiquement certain que le gattilier n’est pas une phytohormone (comme le soja, la maca, le yam, la luzerne, etc.) mais un stimulant du système hormonal féminin.
Des études scientifiques de plus en plus nombreuses
Les scientifiques allemands ont démontré que le gattilier régularise le cycle menstruel, l’allongeant quand il était trop court, le raccourcissant quand il était trop long.
L’effet n’est pas immédiat et il est conseillé de faire des cures d’au moins un mois, si ce n’est deux mois. Autre propriété intéressante, le gattilier agirait sur les seins gonflés et douloureux. Une étude clinique menée sur 170 femmes a démontré qu’une consommation régulière d’extrait sec de gattilier (en gélules ou en comprimés) est efficace (et suffisante) pour soulager les syndromes prémenstruels. En fait, la plante rééquilibre la production de progestérone, ce qui a pour conséquence non seulement de résoudre certains problèmes de cycle mais certaines formes d’ infertilité ainsi que nombre de problèmes liés à l’apparition de la ménopause.
Pourquoi en prendre ?
Le gattilier est conseillé aux femmes dans les cas de :
- Douleurs mammaires (mastodynie)
- Règles irrégulières ou insuffisantes
- Acné des jeunes femmes
- Troubles de la ménopause (bouffées de chaleur, etc.)
- Infertilité (certains cas liés à des déséquilibres hormonaux)
- Lactation (par précaution, certains spécialistes conseillent cependant aux femmes de ne pas prendre de gattilier en fin de grossesse ou après l’accouchement).
On peut donc en prendre (sous contrôle du médecin) en tout début et en fin de grossesse. En milieu de grossesse, la plante peut avoir un effet stimulant sur l’utérus : il est donc préférable de ne pas en prendre.
Où le trouver, comment le prendre ?
Sous forme de comprimés, capsules ou gélules. En vente principalement dans les magasins diététiques. Cette forme est particulièrement recommandée aux femmes en période de ménopause ou à celles qui, par un traitement de fond, tentent de remédier à leur infertilité. Le prix est d’environ 10 € la boîte de 100 à 200 gélules, selon les laboratoires et la concentration en principes actifs. Suivre les indications sur les notices. 3 à 6 gélules le matin, de préférence une demi-heure avant le petit déjeuner.
- Dans votre jardin : Si vos cultures sont conduites sans produits phytosanitaires, faites comme les moines, mâchez des baies à longueur de journée !
- En teinture mère (à commander en pharmacie) : 30 à 40 gouttes dans un verre d’eau le matin, par cures de deux mois, dans le cas d’un cycle irrégulier.
- En tisane : décoction d’environ 5 minutes d’une cuillérée à café de baies séchées par bol d’eau. Une à deux fois par jour, à sucrer avec du miel d’hysope, de sauge ou de trèfle de préférence.
- Le gattilier, en gélules ou en comprimés, peut être associé à d’autres sources de stimulants hormonaux ou à des phytomodulateurs tels que la sauge, les isoflavones de soja, la maca, l’huile d’onagre, l’huile de bourrache, etc… Dans ce cas, il est important de ne pas tout mélanger pour bien contrôler les effets positifs (suppression des bouffées de chaleur, amélioration de la libido…) ou négatifs (migraines, etc.) de chacun des compléments.
Hormis certains rares cas passagers d’éruptions cutanées ou de problèmes digestifs, si l’on respecte les dosages conseillés par les fabricants, il n’existe pas d’ effets secondaires connus. En l’absence de recul suffisant, il est préférable que les femmes enceintes (à partir du 3ème mois) ou déjà allaitantes évitent de prendre du gattilier sans en parler à leur médecin.
Les moines et la botanique
De la famille des verbénacées dans laquelle on compte la verveine… et le teck le gattilier, appelé aussi « poivre sauvage », est un buisson de un à deux mètres de hauteur. Dans les pays tropicaux, le gattilier peut dépasser six mètres. On le trouve sur le pourtour méditerranéen (en Corse par exemple) et jusqu’ en Inde. C’ est le gattilier d’ A frique du Nord ou de Sicile qui est utilisé la plupart du temps car ses principes actifs y sont plus concentrés (grâce au soleil) que dans le gattilier français. Les feuilles du gattilier sont formées de 5 à 7 doigts (un peu comme celles du cannabis), très minces et pointus, d’un vert grisâtre sur le dessus et blanchâtre dessous. Les fleurs forment de longues grappes dressées, d’un beau bleu-mauve, proche de la couleur du lilas. La plante se reproduit facilement, en automne ou au printemps, par graine, marcottage ou bouture. Au bout de deux ou trois ans, on peut tailler les buissons pour les rendre plus touffus. Le nom latin du gattilier est Vitex agnus castus, qui signifierait l’agneau chaste. P. Fournier, le célèbre phytothérapeute, contestait cette explication en affirmant que le mot agnus venait plutôt d’un ancien mot latin qui signifiait « épi ». Toujours est-il que les religieux mâchaient les baies fraîches ou les graines de gattilier pour tenter de contrôler « ardeurs » et « tentations ». En Europe, le genre Vitex se cantonne principalement à 2 espèces (la verveine et le gattilier). Dans les îles du Pacifique, il existe de nombreuses variétés de Vitex, particulièrement à proximité des plages.