Le delirium tremens

Ou quand l'arrêt de l'alcool peut rendre fou

Un arrêt brutal de l’alcool dans un contexte de sevrage ou de maladie ? Il n’en faut pas beaucoup plus pour provoquer un delirium tremens, autrement dit un syndrome d’état de manque chez une personne dépendante à l’alcool.

Le delirium tremens est un trouble neurologique grave lié à l’arrêt soudain de l’alcool chez une personne dépendante. Ceux qui ont vu le film « Le cercle rouge », réalisé par Jean-Pierre Melville en 1970, se souviennent du héros principal incarné par Yves Montand, pris d’un delirium tremens lors d’un sevrage alcoolique volontaire, s’imaginant être attaqué dans son lit par des araignées, serpents, lézards et autres rats. Si les hallucinations, qu’on appelle ici « zoopsies », font bien partie du tableau classique, d’autres symptômes tous aussi évocateurs caractérisent cette privation brutale d’alcool. Le phénomène toucherait environ 5 à 10 % des alcooliques en sevrage. Rappelons que 1,5 million de personnes sont dépendantes à l’alcool en France et 2,5 millions ont une consommation à risque.

Rupture de l’équilibre cérébral

Le delirium tremens correspond à une forme de souffrance cérébrale dont les premiers signes surviennent 48 à 72 heures après l’arrêt de l’alcool. Schématiquement, ce sevrage rompt brutalement l’équilibre du cerveau qui s’était habitué à l’alcool et l’avait intégré dans son fonctionnement quotidien. Fort heureusement, le delirium tremens est temporaire et ne dure que 2 à 5 jours sous traitement, le temps que le cerveau reprenne un fonctionnement normal sans alcool. C’est la période dite de sevrage.

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