L’anosmie ou quand l’odorat vient à manquer

Si perdre l’odorat, autrement dit souffrir d’une anosmie, est aisément compréhensible en temps de rhume, il en est tout autre lorsqu’elle survient de façon inattendue. Certaines personnes la découvrent en étant contaminées par le Covid-19. D’autres pathologies peuvent également la provoquer.

Cette épidémie de coronavirus aura permis de faire connaître cette curieuse pathologie, l’anosmie, autrement dit le manque d’odorat, une situation que l’on expérimente lors d’un rhume sévère. Mais les rhinites purulentes et autres infections n’en sont pas les seules responsables. Dans certains cas, l’anosmie peut être le signal d’alarme d’une pathologie grave ou bien être congénitale (syndrome de Kallmann-De Morsier) ou s’accompagner d’une perte du goût (agueusie). Dans tous les cas, elle nécessite un bilan à la recherche de sa cause (voir encadré ci-dessous)

ORIGINE GÉNÉTIQUE
Chez l’humain, on estime qu’il existe un millier de gènes régissant l’olfaction. Ces derniers seraient portés par une quinzaine de chromosomes, sur les 46 existants que comporte notre génome. Une découverte issue des recherches d’une américaine, Linda Buck, en 1991, qui a d’ailleurs reçu le Prix Nobel de Médecine en 2004 pour ses travaux.

Quand sentir est important…

À choisir entre la perte de la vue, de l’audition ou de l’odorat, nul doute que vous choisiriez cette dernière. Et pourtant, perdre l’odorat peut avoir des conséquences importantes. Par exemple, 75 % des plus de 80 ans souffrent de troubles sévères de l’odorat avec, comme corollaire, un désintérêt pour l’alimentation aux conséquences graves en matière de santé (fonte musculaire, fatigue, carences nutritives…). Un bon odorat est donc indispensable à la qualité de vie. Mal tolérée, l’anosmie se complique parfois d’une dépression, de troubles de la libido ou d’une anxiété. Enfin, la perte de l’odorat peut être également un signal d’alarme, par exemple de développement de tumeurs cérébrales dans l’une des zones du réseau sensoriel olfactif.

… et peut sauver la vie

Un mauvais odorat n’est pas simplement gênant dans la vie de tous les jours. L’anosmie peut avoir des conséquences domestiques graves. Ainsi, d’après une étude parue en 2008, la perte de l’odorat
s’accompagne d’une cuisson aléatoire des aliments (trop forte), susceptibles notamment de produire des éléments cancérigènes pour 63 % des patients anosmiques. Pour 51 % des patients, l’anosmie est responsable d’une absence de détection des aliments avariés. Pour 47 %, le manque d’odorat fait craindre une absence de réaction devant une émanation de gaz. Et enfin pour 26 % des personnes, c’est l’impossibilité de détecter les fumées d’incendie. Bien sentir est donc un élément de sécurité important.

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« Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiversité et la Covid-19 relève du surréalisme, pas de la science », déclarait Luc Ferry dans L’Express du 30 mars 2020, contredisant ce qu’affirme pourtant la soixantaine de scientifiques du monde entier que Marie-Monique Robin a pu interroger pendant le premier confinement. Son livre La Fabrique des pandémies réunit ces entretiens dans une enquête passionnante qui explique comment la déforestation, l’extension des monocultures, l’élevage industriel et la globalisation favorisent l’émergence et la propagation de nouvelles maladies. Non seulement la pandémie de Sars-CoV-2 était prévisible, mais elle en annonce d’autres.