Homéopathie et cosmétiques, les mariages à éviter
Si les controverses ne manquent pas quant à l’efficacité de l’homéopathie, il est un point sur lequel tous les convaincus tendent à s’accorder : certaines substances du quotidien sont susceptibles de réduire, voire d’annihiler les effets des traitements homéopathiques.
Et ces substances, si on les repère facilement dans l’alimentation, sont parfois bien plus difficiles à identifier dans la liste des ingrédients d’un produit cosmétique. Jusqu’au plus quotidien, comme peut l’être un simple dentifrice. Et alors que même une application cutanée peut contrecarrer l’efficacité des fragiles granules.
Voici donc les contre-indications cosmétiques principales aux traitements homéopathiques. Des substances qui ne sont pas forcément à bannir totalement : il s’agit surtout d’éloigner la prise du médicament homéopathique de l’utilisation des produits qui en contiennent.
La camomille
La camomille est un antidote général de tout produit homéopathique. Cela est vrai, qu’on la prenne sous forme de tisane, ou qu’un extrait de la fleur ou une eau florale intervienne dans une formule en guise d’actifs adoucissants et apaisants de la peau.
Il existe plusieurs espèces de camomille, qui sont concernées de la même façon. Camomille allemande et camomille romaine (les plus fréquentes en cosmétique) sont désignées dans les listes d’ingrédients par des appellations différentes :
- Anthemis nobilis,
- Chamomilla recutita
- Ormenis multicaulis
Les huiles essentielles
Il faut éviter aussi les huiles essentielles, conseille le Dr Albert- Claude Quémoun*, homéopathe de renom, et ne jamais en ouvrir un flacon à côté d’un médicament homéopathique : cela pourrait inhiber son action. En effet, il se présente sous forme de dilution infinitésimale, alors que les huiles essentielles sont très concentrées et ont une action très puissante. C’est pour cette raison que l’on ne fabrique jamais dans le même local des produits homéopathiques et des produits à base d’huiles essentielles.
Les huiles essentielles sont nombreuses, fréquemment présentes dans les cosmétiques, et pas toujours signalées explicitement sur les étiquettes, surtout quand elles font partie de la composition parfumante du produit. Dans ce cas, et par exception au principe de la déclaration obligatoire de tous les ingrédients de la formule, elles peuvent être désignées, comme tous les autres composés aromatiques, sous le nom générique de « Parfum ».
Quand elles sont utilisées en tant qu’actif pour leurs multiples propriétés, elles sont indiquées dans la liste des ingrédients par leur nom botanique (en latin), suivi de la partie de la plante dont elles sont issues (en anglais) et du mot anglais « oil » (pour huile).
Exemple : une huile essentielle de fleur d’oranger amer (néroli) sera désignée par l’appellation Citrus aurantium amara flower oil.
D’autres huiles essentielles peuvent provenir de la racine de la plante (root), de l’écorce d’un agrume (peel) ou d’un arbre (bark), de la feuille (leaf), du fruit (fruit)… Les seules « oils » qui ne sont pas essentielles dans les listes d’ingrédients cosmétiques sont toutes les « seed oil », issues des graines qui sont, elles, les huiles végétales qui forment la phase grasse de nombreuses émulsions.
La menthe et le menthol
La menthe est bien connue pour ses effets contre-indiqués avec la prise de médicament homéopathique. Dans les cosmétiques, elle est fréquemment mise en œuvre pour ses effets rafraîchissants (produits pour jambes lourdes…), astringents et purifiants (soins des peaux mixtes à grasses), déodorants et tonifiants…
Là encore, on trouve plusieurs menthes dans nos produits quotidiens :
- Mentha piperita : menthe poivrée,
- Mentha viridis : menthe vraie,
- Mentha arvensis : menthe des champs
Composé organique présent dans les huiles essentielles de menthe, notamment celle de menthe poivrée, le menthol est doté de propriétés anti-inflammatoires et antivirales.
Il se retrouve dans de nombreux médicaments, en particulier ceux destinés aux traitements de la bouche et de la gorge ou au décongestionnement des voies respiratoires.
On lui connaît aussi des actions désinfectantes ou anesthésiques. C’est également un additif fréquemment utilisé par les industries agro-alimentaires et cosmétiques, notamment dans les dentifrices et bains de bouche, où il apporte de plus une touche rafraîchissante.
Lui est facile à repérer : son appellation officielle est Menthol.
Le camphre
Issu du camphrier, arbre asiatique de la famille des lauriers, le camphre est réputé pour ses multiples vertus : stimulant, tonique, analgésique, il a aussi la capacité à stimuler la circulation veineuse et à assainir les voies respiratoires.
Il intervient dans les cosmétiques en tant que tel (Camphor), ou par le biais de l’huile essentielle de camphrier (Cinnamomum camphora bark oil). Il est particulièrement présent dans les produits pour les jambes qu’il contribue à alléger, mais aussi dans les soins purifiants ou tonifiants, les shampooings assainissants du cuir chevelu ou les huiles et baumes dédiés au massage-détente.
La verveine
Moins documentée, mais parfois évoquée de certains spécialistes en homéopathie, la prudence vis-à-vis de la verveine serait aussi nécessaire. Là encore, on la trouve sous plusieurs appellations dans les produits cosmétiques :
- Lippia citriodora,
- Litsea cubeba,
- Verbena officinalis.
Les excitants
Autre conseil du Dr Albert-Claude Quémoun : modérer la consommation de thé, café, alcool et tabac
Le tabac ne fait pas partie des ingrédients cosmétiques. Quant à l’alcool et au thé, ils sont présents en assez faibles quantités dans les formules, et une simple application cutanée ne suffit pas à ce qu’ils pénètrent dans l’organisme en proportions suffisantes pour être vraiment handicapantes.
Ce n’est pas forcément le cas de la caféine, qu’elle soit issue du café ou d’origine synthétique. Actif de choix des produits amincissants, elle intervient alors dans des formules conçues pour traverser la barrière cutanée et atteindre les cellules adipeuses : c’est la condition de son efficacité. Et des cas, assez fréquents, de palpitations ou d’insomnies, ont été rapportés suite à l’utilisation de produits cosmétiques amincissants.
Dans les listes d’ingrédients, on la reconnaît sous le nom de Caffeine.
Un petit tri dans le choix de ses cosmétiques s’impose donc !
* Homéopathie Guide pratique, d’Albert-Claude Quémoun, éditions Leduc.S.