Des kokedama avant le printemps
Le mois de mars joue avec nos nerfs et notre moral, en nous tirant tantôt du côté de l’hiver, tantôt du côté du printemps. Il alterne les jours de douceur et de froidure, souffle des vents contraires, nous donne envie d’ouvrir grand les fenêtres, puis de courir nous calfeutrer au coin du feu…
Patience, patience… Bientôt, les premières fleurs vont éclore, les arbres se couvriront de jeunes feuilles, les insectes se remettront à butiner, les oiseaux prépareront leur nid. Quoi de mieux, en attendant la victoire certaine du printemps, que de lui donner un petit coup de main ?
Semons, bouturons, multiplions les plantes, dehors et dedans ! Préparons l’arrivée des beaux jours en nous entourant de verdure.
Merveilleuses mousses
Elles s’y entendent pour mettre du vert partout ! Les bryophytes, ces petites plantes extraordinaires apparues il y a environ 400 millions d’années et dépourvues de racines, sont pourtant des mousses présentes sur tous les continents, y compris en Antarctique. La mousse s’adapte à tout : par grand froid, elle produit son propre antigel ; en cas de forte chaleur, elle se dessèche, se rétracte et attend le retour de la pluie pour renaître.
Il existe plus de 12 000 espèces de mousses dans le monde et environ 1500 rien qu’en France. Elles se reproduisent toutes par dissémination de spores, ou de façon végétative. Leurs rhizoïdes, sortes de petits filaments, leur permettent de se fixer aussi bien sur le sol que sur le bois, la pierre, la brique, le béton ou même le macadam, et elles absorbent directement l’eau et les nutriments à travers leurs tissus.
On les utilise depuis toujours pour leur capacité à retenir l’humidité. Par exemple, sur les toitures végétalisées où elles offrent aussi des propriétés isolantes. Cette rétention d’humidité et de nutriments les rend également très utiles pour lutter contre l’érosion ou favoriser le retour d’autres espèces végétales. Comme les forêts tropicales, les mousses sont des bio-indicatrices de la santé de la nature. D’ailleurs, un coussin de mousse observé de très près ressemble étonnamment à une forêt tropicale miniature.
Un peu rebelles et indisciplinées, les mousses s’installent parfois là où on n’en veut pas et sont alors mal aimées des jardiniers, du moins en Occident. Au Japon, elles sont l’incarnation du concept esthétique du wabi-sabi : équilibre entre éphémère et imperfection. Les Japonais leur consacrent des jardins entiers, kokedera, dont le plus célèbre est celui du temple Saihõ-ji à Kyoto.
Dans les rues des villes et des villages de l’archipel nippon, on peut aussi fréquemment admirer des sphères de mousse, appelées kokedama, soigneusement entretenues.
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