Déforestation de l’Amazonie : toujours de bonnes raisons de manger moins de viande

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À perte de vue, des champs de soja ont remplacé la forêt amazonienne. Le climat local est devenu plus chaud, plus sec, le manque d’arbres se fait sentir… Et à quoi est destiné tout ce soja cultivé à grand renfort de pesticides (dont le glyphosate) ? À l’exportation. Savez-vous que le jambon et le poulet estampillés français que vous mettez dans votre assiette sont sans doute nourris par des tourteaux de soja importés d’Amérique du Sud ? Plus de deux millions de tonnes de soja importé nourrissent chaque année les animaux d’élevage français. Les éleveurs sont devenus dépendants de ce soja importé dont les cultivateurs ont bien du mal à adopter une culture plus vertueuse, au risque de devoir augmenter leurs prix et ne plus être compétitifs. La solution ? Difficile d’être très efficace à titre individuel, petites citoyennes et citoyens que nous sommes, mais on peut au moins réduire sa consommation de viande et préférer la qualité à la quantité. Le label bio, par exemple, impose une alimentation majoritairement locale. Mieux encore, le label Bio Cohérence implique une alimentation des animaux 100 % d’origine française et sans OGM. Des filières locales (AMAP, vente directe…) peuvent aussi donner des garanties, et indiquer en détail la ration alimentaire de leur bétail ou de leurs poulets. En revanche, une viande « d’origine France » ne dit rien sur ce qu’a mangé l’animal (le plus souvent nourri de soja importé).

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Oui, les herbicides sans glyphosate sont aussi des poisons !

Les débats sur l’interdiction du glyphosate seraient-ils un leurre ? La molécule n’est sans doute pas la plus toxique parmi les produits qui composent le Roundup de Monsanto, mais c’est le seul déclaré. C’était déjà une des conclusions des recherches du Pr Gilles-Éric Séralini et de son équipe en 2005. À la suite d’une de ses nouvelles études sur les produits cachés dans les herbicides nouvelle génération commercialisés sans glyphosate, neuf associations de défense de l’environnement ont porté plainte le 1er décembre dernier auprès des autorités sanitaires.

Pour nous prémunir du risque de nouvelles pandémies…

« Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiversité et la Covid-19 relève du surréalisme, pas de la science », déclarait Luc Ferry dans L’Express du 30 mars 2020, contredisant ce qu’affirme pourtant la soixantaine de scientifiques du monde entier que Marie-Monique Robin a pu interroger pendant le premier confinement. Son livre La Fabrique des pandémies réunit ces entretiens dans une enquête passionnante qui explique comment la déforestation, l’extension des monocultures, l’élevage industriel et la globalisation favorisent l’émergence et la propagation de nouvelles maladies. Non seulement la pandémie de Sars-CoV-2 était prévisible, mais elle en annonce d’autres.