Pin (pinus sylvestris)
Austère ou protecteur, frémissant et odorant, le pin majestueux ne laisse jamais indifférent. Prince des arbres, il est généreux : son bois, son écorce, ses aiguilles, ses bourgeons… tout est bon !
Il existe de nombreuses variétés de pins, tous des résineux de la famille des Abiétacées. Le pin sylvestre (Pinus sylvestris), qui vit en altitude, élance son tronc rouge, droit et cylindrique jusqu’à 30 mètres de haut. Ses feuilles, de couleur bleu clair la première année, deviennent vert sombre ensuite. Le pin maritime (Pinus pinaster), quant à lui, préfère le voisinage de l’Atlantique ou de la Méditerranée ; son écorce est plutôt grise ; sa cime est plus aérée, plus large que celle de son cousin des montagnes. Tous les deux sont utilisés pour retenir les sols, pour leur résine et pour leur bois. Les troncs, souvent longs, droits, réguliers et cylindriques étaient utilisés pour fabriquer les mâts des navires.
Utilisation sacrée et magique
Le pin est, depuis toujours, symbole de virilité et de fertilité. En Grèce, plusieurs temples, décorés de guirlandes de pommes de pin, étaient dédiés à Pan, le dieu lubrique des bergers (et des boucs !). Bien avant, les Assyriens en avaient fait l’emblème de la vie… tout comme les Egyptiens qui utilisaient la térébenthine pour la conservation des momies. Partout dans le monde, il existe des rites magiques qui utilisent le pin comme symbole ou ingrédient. En Sardaigne, les aiguilles et les bourgeons sont brûlés sur des réchauds en fer pour retourner les sorts. En Pologne, les pignons de pin mangés avant la bataille rendaient invulnérables. Et dans de nombreuses campagnes européennes, les bourgeons étaient mangés par les femmes qui désiraient un enfant et par les hommes qui voulaient accroître leur membre viril.
Composition et utilisation
Les parties utilisées en médecine populaire sont les pousses (que l’on récolte en avril-mai), les aiguilles et la résine, obtenue par incision de l’écorce. Très riches en huile essentielle, toutes les parties du pin contiennent aussi des glucosides et d’autres constituants (mallol, cadinène, pumoline, acétate de bornyle, tanins…) qui en font un puissant antiseptique des systèmes respiratoire, urinaire et hépatique.
La térébenthine
Obtenue par distillation de la résine, la térébenthine officinale est extraite le plus souvent du pin maritime (Pinus pinaster). Il existe aussi des térébenthines tirées d’autres espèces de pins et même du sapin argenté ou du mélèze : elles ont des propriétés comparables comme antiseptiques urinaires et pulmonaires. Déconseillée en utilisation directe en interne ou en externe, la térébenthine officinale fait partie de nombreuses préparations pharmaceutiques en association avec d’autres produits naturels : baumes expectorants, cataplasmes, huile de Haarlem (excellente pour les affections du foie, des reins, les rhumatismes et la bronchite chronique), inhalations ou émulsions pour le bain, etc. En utilisation externe, pour les massages et les compresses anti-rhumatismales, ne mettez pas plus de 20 % de térébenthine officinale dans votre mélange avec une huile végétale (olive par exemple). Il ne faut surtout pas non plus confondre la térébenthine officinale avec la térébenthine des peintres, diluant qui peut se révéler dangereux… À l’inverse, vous pouvez utiliser, comme nous l’avons fait pour les bureaux de Belle-Santé, un mélange de térébenthine naturelle, de cire et d’huile de lin pour traiter et faire briller les poutres apparentes.
EN FLEUR DE BACH
Au début du XXe siècle, le Dr Edward Bach a découvert que bien des maladies étaient générées par des conflits émotionnels non résolus. Il a mis au point des élixirs de fleurs qui soulagent certaines situations émotionnelles pénibles. Parmi ceux-ci, l’élixir « Pine » est destiné à redonner courage aux personnes qui sont trop sujettes à l’autocritique. Même quand elles réussissent, un excès de modestie vient gâcher le plaisir du succès. Cette insatisfaction permanente pousse à travailler toujours plus, parfois trop et au détriment de la famille ou de projets plus importants. Découragement chronique et sentiment permanent de culpabilité poussent à une solitude ou à une prudence excessive. Sous la langue, quelques gouttes de « Pine » vous aideront à accepter les responsabilités plus facilement et à moins vous sous-estimer.
L’huile essentielle
La principale utilisation du pin — et aussi la plus facile — reste son huile essentielle, extraite des aiguilles. Préférez l’huile essentielle de pin sylvestre qui ne pose pas de problème d’intolérance et dont les fragrances sont très agréables. Évitez l’huile essentielle de Pinus mugo (pin rampant), certes plus rare, mais très agressive. Antiseptique, oxygénante, stimulante, antalgique, expectorante, l’huile essentielle de pin a fait l’objet d’ innombrables études scientifiques qui confirment son utilité et son emploi en médecine populaire. Voici la liste non exhaustive de ses indications :
- affections des voies respiratoires (rhumes, bronchites, trachéites, sinusite, asthme…)
- grippe
- fatigue
- infections des voies urinaires
- rhumatismes, goutte
- douleurs articulaires et musculaires.
| En usage externe | Il suffit de masser la poitrine, le front, les côtés du nez ou le dos avec 10 cl d’huile végétale dans laquelle vous ajoutez 50 gouttes d’huile essentielle de pin sylvestre. |
| En usage interne | Avalez 3 à 5 gouttes d’huile essentielle de pin sylvestre déposées sur une cuillerée à café de miel. Vous pouvez aussi ajouter 2 gouttes d’huile essentielle diluées dans une cuillerée à café de miel à vos tisanes de bouillon-blanc, de tilleul ou de sauge. Il n’y a pas de contre-indication connue ou d’interaction avec des médicaments. Toutefois, il est conseillé aux femmes allaitantes de ne pas consommer d’huile essentielle de pin car, très odorante, elle passe dans le lait et le « parfume ». |
| Pour assainir l’atmosphère | Laissez se diffuser quelques gouttes d’huile essentielle de pin dans une soucoupe placée sur un radiateur. |
Le pycnogénol
C’est un extrait d’écorce de pin, concentré en oligo-proanthocyanidines (OPC), anti-oxydants puissants. Plusieurs études chinoises et américaines ont prouvé que le pycnogénol donnait de meilleurs résultats qu’un médicament, la nifédipine (ou adalate), pour diminuer l’agrégation plaquettaire et améliorer la microcirculation dans les vaisseaux capillaires. Le pycnogénol agirait aussi sur l’insuffisance veineuse, réduisant l’apparition des varices et le risque de phlébites. Toutes ces données scientifiques ont propulsé le pycnogénol comme l’un des compléments alimentaires les plus consommés aux Etats- unis. Si vous souffrez de troubles cardiaques ou veineux, d’hypertension, de diabète ou de rétinopathie et si vous voulez essayer le pycnogénol, parlez-en au préalable à votre médecin, de sorte qu’il adapte son traitement et qu’il vérifie qu’il n’y a aucune contre-indication. Pour la posologie, suivez les indications du fabricant (généralement 1 à 2 comprimés par jour). Commercialisé seul ou en association avec d’autres anti-oxydants par plusieurs laboratoires, le pycnogénol se trouve dans certaines pharmacies et en magasins de produits naturels.