Le syndrome des achats compulsifs, pourquoi suis-je « accro » au shopping ?

Aimer faire les magasins, quoi de plus naturel ? Acheter de temps en temps quelque chose d’inutile n’est pas une maladie. Mais, si nous commençons à dépenser de façon irresponsable, si acheter devient un besoin incontrôlable, nous entrons alors dans la catégorie des acheteurs pathologiques : 1 % de la population environ, surtout des femmes, souffrirait du syndrome des achats compulsifs. Il convient alors de se poser des questions ! Pourquoi ce besoin de dépenser ? Ces achats compulsifs représentent-ils un moyen de combler un manque ou un mal-être ? Avec Belle-Santé, apprenons à décoder ce qui se cache dans nos sacs de shopping.

Pour beaucoup d’entre nous, acheter est un plaisir. Plaisir de chercher la perle rare, plaisir de craquer pour la petite robe si longtemps convoitée, plaisir d’offrir, plaisir de se gâter de temps en temps… Mais certains ressentent ce plaisir plus intensément que les autres et ne peuvent s’en passer. Face à l’achat, ces personnes ressentent une émotion particulièrement forte et cette montée de dopamine agit telle une drogue, provoquant un besoin impérieux et totalement irrationnel de dépenser. Elles confondent désir et besoin. Un objet qui, chez quelqu’un d’autre, déclenche un simple désir, devient pour elles un besoin impérieux à combler de toute urgence. « Il faut que je l’achète, maintenant ! » Imaginez qu’en entrant dans un magasin, mû par une pulsion incontrôlable, vous emportiez tout ce qui se trouve sur votre passage, choses totalement inutiles ou hors de prix et, parfois, choses qui ne vous plaisent même pas réellement et que vous n’utiliserez jamais. Bienvenue dans le monde des acheteurs pathologiques.

Intensité et briéveté

Malheureusement, le plaisir intense provoqué par l’achat ne dure pas et, très rapidement, est suivi par le besoin de dépenser à nouveau. Cette passion dangereuse pour le porte-feuille est également destructrice de celui ou celle qu’elle anime. Elle devient une véritable drogue et, en tant que telle, peut conduire aux dettes, à la ruine, à l’incompréhension, au mensonge, au divorce, à la perte d’emploi… Le dépensier pathologique est incapable de maîtriser ses pulsions, chaque cellule de son corps le pousse à l’achat. Dépenser le libère un bref instant de ce besoin urgent et impérieux, le rassure, lui vide la tête, lui donne l’impression d’exister… Ensuite, le besoin revient au galop et le cercle infernal recommence : Besoin – Achat – Plaisir – Retour au calme – Besoin, et ainsi de suite…

Que cachent les achats compulsifs ?

Cette dépendance au shopping cache souvent, comme toute dépendance, un mal-être profond dont nous n’avons pas conscience. Ces sentiments négatifs sont, en effet, très discrets et passent souvent inaperçus. L’acte d’acheter masque des sentiments profonds d’insécurité, d’ennui, d’insatisfaction… Ces sentiments, aussi discrets soient-ils, sont dévastateurs et prédisposent à développer une dépendance de compensation, que ce soit au shopping, à l’alcool, au jeu, à la drogue, au sexe ou à toute solution donnant l’illusion de combler le manque. En réalité, ces solutions, en procurant du plaisir, permettent d’oublier temporairement le vide ressenti, mais ne le comblent pas. Au contraire, elles ne font qu’accroître le manque profond.

Besoin de reconnaissance ?

Si vous souffrez d’un sentiment d’insatisfaction, tout vous paraît alors imparfait ou insuffisant. Incapable de vous accepter tel que vous êtes, vous ne vivez que par et pour le regard des autres. Vous recherchez la qualité et la perfection en toute chose. Votre boulimie incontrôlable d’achats, le plus souvent chics et chers, vous donne un sentiment passager de fierté. Vous ne savez pas résister à l’appel du luxe et vous êtes incapable de rentrer dans un magasin sans dépenser. Déceler l’admiration ou l’envie dans le regard des autres comble brièvement votre manque d’estime de vous. Ensuite vient la honte de ne pas avoir été suffisamment fort pour résister.

Besoin d’occupation ?

Si le sentiment qui vous engloutit dans les affres du shopping est l’ennui, vous recherchez dans les magasins, non pas la fierté, mais le plaisir. En dévalisant les rayons, en dénichant la soi-disant bonne affaire, vous avez l’impression de vibrer, d’exister ! Hors du shopping, la vie semble dénuée d’intérêt à vos yeux. Vous dépensez pour oublier votre ennui, pour vous évader du quotidien. Mais l’éclaircie est de courte durée… Comme dans toute dépendance, vous ressentez ensuite un profond sentiment de culpabilité qui vous mine et, pour l’occulter, vous rentrez à nouveau dans le premier magasin que vous croisez… et c’est le cercle vicieux qui recommence.

Peur de manquer ?

Si c’est un sentiment d’insécurité qui alimente votre passion des achats, vous recherchez l’abondance. Dépenser vous apaise et vous fait oublier, l’espace d’un instant, votre peur du manque, qu’il soit matériel ou affectif. Vous achetez sans relâche des objets que vous n’utiliserez jamais, mais dont l’accumulation vous rassure.

Gare à Internet

Mais les acheteurs pathologiques ne se rencontrent pas uniquement dans les magasins… La tentation les guette désormais aussi à la maison. En effet, quoi de plus facile aujourd’hui que de s’adonner à sa passion par le biais d’Internet ! Pour les accros du shopping, le net offre une multitude de possibilités de dépenser son argent. La tentation est permanente. Magasins en ligne, enchères…, un seul clic et vous devenez l’ »heureux(se) » propriétaire d’un costume 3 pièces, d’un ensemble de lingerie ou d’une machine à laver. Un monde de rêve qui devient vite un enfer pour les acheteurs compulsifs !

Un palliatif

Dans tous les cas, pour le dépensier pathologique, le shopping sert à pallier un mal-être, un déséquilibre. Par les achats, il tente de recouvrer l’équilibre intérieur, de se sentir bien. En réalité, c’est l’inverse qui se produit. Le déséquilibre et la dépendance s’accentuent. Honteux, coupable, rongé par les regrets, l’acheteur pathologique occulte son problème, se replie sur lui-même, s’enferme dans le mensonge, allant parfois jusqu’à cacher ses achats à son entourage.

Que faire ?

Si vous souffrez du syndrome des achats compulsifs ou si vous soupçonnez ce trouble chez un membre de votre entourage, prenez le problème au sérieux. Avant tout, il faut en parler. Comme toute dépendance, aide et soutien sont indispensables pour vous en sortir. Confiez-vous à quelqu’un en qui vous avez confiance, famille, amis, médecin de famille. Lorsque vous faites des courses, faites-vous accompagner par un ou une amie. Avec l’aide des proches, recherchez peu à peu d’autres sources d’intérêt et de plaisir. Redécouvrez d’anciens hobbies, essayez de nouvelles activités, commencez une formation qui vous tente etc.

Chercher de l’aide

Selon le degré d’addiction, consulter un psychologue ou psychothérapeute pourra néanmoins s’avérer nécessaire. Les psychothérapies comportementales, individuelles ou en groupes d’entraide, donnent de bons résultats. Elles permettent de modifier le comportement et les croyances face à l’achat. Certaines thérapies de développement personnel peuvent également aider à trouver la cause profonde de la dépendance : ennui, manque d’estime de soi, insécurité, dépression, problèmes personnels…, à travailler sur ces sentiments négatifs pour en venir à bout et transformer définitivement l’acte d’achat en plaisir occasionnel et non plus en besoin irraisonné.

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